Blog

J’ai rencontré Abdourahman Waberi

Abdourahman Waberi est un auteur Africain né en 1965 à Djibouti, il vit entre Paris et Washington. Depuis le Pays sans ombre (1994), premier volume d’une trilogie consacrée à son pays d’origine, jusqu’à la Divine Chanson (Prix Louis Guilloux 2015), son œuvre romanesque est traduite dans une douzaine de langues. Son oeuvre qui m’a le plus marqué est Aux Etats-Unis d’Afrique. Je l’ai rencontré à Abidjan lors d’un atelier d’écriture qu’il animait dans le cadre des jeux de la Francophonie.

Je le rencontrais pour la première fois dans la salle polyvalente des residences du Vallon, et il communiquait déjà ce sentiment de sécurité; ce type de personne qui te rassure et de qui tu apprends très vite, car tu t’ouvres aussi facilement. Dans cette salle, il n’avait pas des allures de prof, quand bien même certains exercices étaient chronométrés, nous ne stressions point.

Le but de l’atelier était d’apprendre à améliorer notre style d’écriture, j’espère que vous allez le remarquer désormais sur ce blog.

Abdourahman Waberi a écrit un ouvrage qui a attiré mon attention plus que d’autres. Il s’agit de Aux Etats-Unis d’Afrique. Imaginez une Afrique forte et belle en plus d’être devenue la destination rêvée du reste du monde.

Resumé du livre:

La Fédération des États-Unis d’Afrique prospère avec ses centres boursiers, ses mégalopoles, ses savants et ses artistes réputés, indifférente au sort des millions de réfugiés de la sanglante et désolée Euramérique qui se pressent à ses frontières ou viennent s’échouer sur les plages d’Alger et de Djerba. Le chemin vers cette terre promise africaine, Maya l’a déjà emprunté, il y a bien longtemps. Elle a été arrachée à la misère et à la faim par un homme providentiel, Docteur Papa, alors en mission humanitaire en Normandie. Il l’adopte et l’emmène à Asmara, en Érythrée. Mais à présent Maya doit partir, retrouver l’Europe et ses maux, se rapprocher des siens. Elle entame un long et douloureux périple vers les terres sombres et misérables qui l’ont vu naître.

Dans ce livre, le monde est inversé car les populations de l’euramérique vivent dans une pauvreté extrême et ne doivent leur survie qu’aux aides humanitaires provenant de l’opulente Afrique. L’auteur africanise nos références économiques, consuméristes et culturelles : McDo devient le McDiop, Nescafé le Neguscafé, la carte AmericanExpress la Carte Fricafric; L’origine du monde est désormais peinte par Gustavio Mbembé, et le sourire de Mona Lisa est remplacé par celui de Mouna Syl.

Rarement fiction sur l’Afrique aura aussi bien parlé de l’Europe. Et pour cause : dans Aux États-Unis d’Afrique, Abdourahman A. Waberi fait du continent noir le centre économique et intellectuel du monde, tandis que les damnés de la terre se concentrent dans une Euramérique miséreuse ; partant, il tend un miroir à l’Occident – celui du monde réel. Lire certaines critiques ici

Une pure merveille que de cette belle plume dont j’ai voulu vous parler aujourd’hui.

Je suis un Africain passionné par le numérique et ce que l'Afrique peut en faire. J'aime aussi la photo, j'en fais souvent ;)

Post a comment